14 August 2018

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L'ultime voyage de tante Nise


Pierre Sévigny

Publié le:  20 août 2004

L’ULTIME VOYAGE DE TANTE NISE

St-Boniface, le 16 août 2004

À la maison mère des Sœurs Missionnaires Oblates sur la rue Aulneau à St-Boniface,on souligne cette année le centième anniversaire de la fondation de la communauté. Les festivités ont lieu les 6, 7 et 8 août. Plus de 1200 personnes se sont jointes aux religieuses pour souligner cet événement. Tante Nise s’est permise le samedi de visiter, sur sa chaise motorisée, l’exposition accompagnée de l’un de ses anciens protégés de Gravelbourg.

Samedi le 7 août, tante Nise fait une chûte dans sa chambre en tentant de passer de son fauteuil à la chaise d’aisance.. Elle se dit bien et ses signes vitaux sont bons. Elle avait déjà fait une chute le mercredi précédent. Dimanche le 8 août , à 10h.30 am , on croit bon de la transporter à l'hôpital de St.Boniface ; elle a du mal, mais elle ne se plaint pas.

(S. Marie-Paule) « J'étais justement dehors à prendre un peu d'air frais lorsque j'aperçois l'ambulance. Je m'approche et c'était ma chère amie Bérénice. J'avais le coeur gros. C'est la dernière fois que je l'ai vue ». La journée même, de l’hôpital de Saint-Boniface, elle est transportée à l'hôpital Grace de Winnipeg parce qu’il n’y a pas de chambre disponible.

Au tableau d'affichage à la cafétéria, on invite les religieuses à prier pour Bérénice. Tante Nise était très appréciée de ses compagnes. Elle était toujours joviale et accueillante.

Lundi le 9 août, tante Nise consent, malgré la fragilité de son cœur, à subir une chirurgie pour réparer la fracture à la jambe. Elle dit qu’elle n’a rien à perdre. Le médecin décide d’attendre, vu son état. Au cours de la journée, les nouvelles sont moins bonnes; tante Nise ne pourrait pas surmonter le choc de la chirurgie. L'hôpital informe la communauté régulièrement; ses compagnes religieuses se relaient à son chevet. Vers 19h., Mariette Fortier a l’intuition d'aller rendre visite à sa grande amie et protégée. Elle est accompagnée de sœur Louise Dansereau qui est une infirmière spécialisée en soins palliatifs. En voyant Mariette et Louise, elle ouvre les yeux et semble les reconnaître en leur faisant un sourire discret. Louise récite la prière des agonisants et elle la rassure en lui disant qu’elle peut partir… ; Mariette lui tient la main. Un peu plus tard en soirée, sœur Louise communique avec la communauté pour dire qu'elle ne croit pas que Bérénice passera la nuit. À la communauté, on s’organise pour la veiller : un groupe jusqu'à minuit, un autre après minuit et un autre à 7h. am

« Cependant, à 8h45 pm ce même soir, lundi le 9 août, un appel . . . . . . : la chère tante a rendu l'âme bien calmement, comme elle a vécu; elle a été emportée par une pneumonie. L'annonce résonne sur l'intercom et toute la Congrégation est informée.

On envoie un courriel électronique à nos soeurs en Afrique, les autres un appel téléphonique. Son décès a été constaté lundi le 9 août vers 8h45 »(Sœur Marie-Paule)

Mardi, tôt en avant-midi, les religieuses communiquent avec tante Gertrude pour informer la famille. Nous recevons l’information à Breakeyville le mardi en après-midi. Je communique avec sœur Lucille Bonin, supérieure de la maison mère, pour connaître les coordonnées des funérailles. Voyant notre intérêt pour s’y rendre, elle prend les dispositions pour reporter au samedi les funérailles initialement prévues le vendredi.

Dès le mercredi midi, Benoît et Jacqueline Guillemette, accompagnés de tante Victorine et tante Gertrude, se mettent en route pour ce long périple de 2600 kilomètres. Quant à Mariette et moi, accompagnés de Martine, de Julie et de Gilles, son conjoint, nous quittons le jeudi matin. Nous arrivons à St-Boniface vers 11h15 le lendemain. Benoît et son groupe sont arrivés quelques minutes avant nous. Le cousin Paul Pelchat et Gisèle sa conjointe sont arrivés la veille. Ils viennent nous rejoindre à la communauté en après-midi.

L’accueil des religieuses est chaleureux et l’on perçoit facilement que notre présence les réconforte. Nous sommes de la famille, nous faisons partie de leur famille. Sœur Lucille Bonin, la supérieure, nous offre ses sympathies et nous fait part de l’horaire pour le samedi, jour des funérailles. Elle nous invite à participer activement au déroulement de la célébration en donnant à chacun un rôle à jouer. Par la suite, sœur Hélène Roy nous conduit à nos chambres et nous donne l’horaire des repas et de la maison.

La dépouille de tante Bérénice arrive à la communauté le samedi matin à huit heures et est exposée dans la grande chapelle. On invite tout d’abord la famille à se recueillir devant son cercueil. Ses compagnes religieuses se recueillent aussi à tour de rôle devant elle. Plusieurs défilent devant elle en fauteuil roulant, accompagnées du personnel infirmier de la maison. Après la récitation des Laudes

et les prières d’adieu prononcées par sœur Valérie Fortier, on ferme le cercueil et les funérailles débutent à 10h30. Sœur Lucille Bonin prononce l’allocution d’usage au début des funérailles. Ces dernières sont célébrées par le Père Albert Bouffard O.M.I, un ami des Oblates; deux co-célébrants l’assistent

Pour répondre au désir exprimé par les religieuses, nous jouons tous un rôle dans le déroulement des funérailles : Benoît porte la croix, Mariette et Pierre le service à l’autel, Paul le témoignage, Martine et Julie les lectures, Tante Victorine, Gisèle, Jacqueline et Gilles les prières universelles; tante Gertrude préfère s’abstenir.

Les chants interprétés avec brio par la chorale des religieuses sont très émouvants.

Nous nous rendons au cimetière où la participation des neveux présents est requise pour porter le cercueil; les religieuses entonnent le Salve Regina après les prières d’usage prononcées par le Père Bouffard. Après plusieurs minutes de recueillement,nous retournons à la maison mère où nous rencontrons les religieuses. Les échanges sont sincères et chaleureux. Nous avons de nombreuses rencontres informelles avec les religieuses. Elles sont si accueillantes, si chaleureuses, si disponibles…

Elle nous invitent à visiter les différentes expositions qui ont été préparées pour souligner le centième anniversaire.

À chaque fin de journée, nous nous rencontrons, en famille, dans la suite de tante Victorine et de tante Gertrude; Mariette et Valérie Fortier se joignent à nous.

Nous vivons tous ensemble d’excellents moments ; Paul Pelchat traduit bien nos sentiments de satisfaction au moment de son départ « si la famille avait su comment ça se passerait et tout ce que l’on a vécu ici, il y en a sûrement plus qui serait venu ».

Tante Nise, au revoir.

Je remercie Sœur Marie-Paule Dumesnil qui nous a fait parvenir le 10 août des informations concernant les derniers jours de tante Nise.

Pierre Sévigny

La famille au cimetière — Gisèle Pelchat (Paul), tante Victorine, tante Gertrude, Benoît et Jacqueline Guillemette, Gisèle (une cousine Pelchat du Manitoba), Mariette Dussault Sévigny, Julie Sévigny, Paul Pelchat, Gilles Dussault (Julie), Martine Sévigny et Pierre Sévigny Pierre Sévigny

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