13 December 2017

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Les propos de tante Nise... ( De 1916 à 1940 )
Publié le:  29 décembre 2005

En juin et août 2003, Mariette et moi avons recueilli, lors de deux visites successives à Winnipeg, quelques propos de tante Bérénice portant sur sa vie. Bien qu'hésitante au début, elle s'est vite ralliée a l'idée de nous confier ce qui en était réellement plutôt que de voir les faits modifiés ou altérés par la perception que d'autres personnes auraient pu imaginer. Lisons donc tante Nise! Qui sait ? En saurons-nous peut-être un peu plus sur ce qui s'est passé...

Pierre Sévigny

Septième de la famille, je suis née à St-Lambert (mais à la limite de Breakeyville) le 4 avril 1916. La journée même, mon père me conduit à l'église Sainte-Hélène de Breakeyville où le curé Énoïl Michaud m'attend pour me baptiser sous les noms de Marie, Bérénice, Marie-Jeanne. Ma marraine et mon parrain sont ma cousine Marie-Rose Hallé et mon cousin Edmond Gosselin.

Je ne suis pas demeurée longtemps à Breakeyville; ma mère était toujours inquiète en raison de la proximité de la rivière Chaudière. Elle a donc enjoint mon père de trouver un endroit plus sécuritaire pour sa famille : « Si tu es pour me faire des enfants à chaque année, on va s'arranger pour les garder en vie » lui disait-elle. Sans crier gare, à l'automne 1917, papa arrive une bonne journée et annonce à maman que nous déménageons à la Grande Ligne de Saint-Isidore.

En plus de sa famille, maman Exélia gardait le grand-père Cyrille Gagné à la maison. Il passait son temps à me taquiner avec mon nom. À ce moment-là, je m'appelais Marie-Jeanne mais lui, il m'appelait toujours la Jeanne Goulet; c'était une femme qu'il n'aimait pas et qui lui semblait déplaisante. Mes parents ont donc décidé d'utiliser mon deuxième nom, et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’appeler Bérénice.

Je n'aimais pas aller à l'école même si j'aimais apprendre; je passais beaucoup de temps dans ma grammaire par moi-même. Je suis allée à la petite école du Bas de la Grande Ligne jusqu'à l'âge de treize ans. Rose m'y a même fait l'école.

J'ai toujours eu le caractère assez fort; quand je pensais à quelque chose, je le faisais. Certains pouvaient penser que j'étais têtue, mais moi j'aime mieux dire que j'étais tenace. J'ai donc décidé à l'âge de 15 ans d'aller chez les Ursulines à Québec, comme Germaine et Julienne. On y recevait des cours de cuisine et de bienséance. On était aussi affecté à des travaux ménagers. Je me rappelle aussi qu'on devait beurrer du pains pour les pensionnaires. Lorsque je travaillais, je côtoyais les soeurs converts qui effectuaient du travail manuel. C'est peut-être là qu'est apparu le premier signe ou le premier germe de ma vocation. Mais j'ai dit non parce que ça ne m'intéressait pas et aussi parce que je ne voulais pas faire une soeur. Par contre, à chaque fois que j'en voyais une ça m'influençait un peu. Ça m'aurait aussi donné la possibilité de poursuivre des études.

Il y avait aussi une autre bonne raison pour m'éloigner de ça, j'avais Eugène dans l'idée. Il avait commencé à me courtiser depuis quelques temps. A tous les dimanches soir, il arrivait à sept heures. J'étais à la fenêtre à l'avance pour le voir venir et lorsque j'entendais les grelots de sa sleigh à patins mon cour palpitait un peu. Hilaire disait " y'é temps qu'y arrive parce qu'à va manger les barreaux du chassis". Hilaire m'agaçait et riait de moi. Et puis, Eugène repartait vers onze heures. De toute façon papa ne se tenait pas bien loin et quand il commençait à brasser le feu du poêle, ça voulait dire qu'il était l'heure de partir.

Après avoir travaillé à Breakeyville quelques semaines, je suis allée travailler chez le docteur Turcotte, à Québec, au 111 de la rue Sainte-Anne. Eugène venait m'y voir de temps en temps. Je l'aimais pour vrai; lui, il aurait bien aimé me marier, mais moi je voulais gagner de l'argent. C'est pour ça que je le retardais depuis deux ou trois ans.

L'épouse du docteur Turcotte était amie avec un prêtre, l'abbé Gauthier. Quand il venait visiter madame Turcotte, il me faisait une belle façon et j'étais portée à me confier à lui. Je suis allée par la suite le rencontrer à quelques reprises à Don Bosco.

À partir de ce moment-là , j'ai commencé à avoir l'impression que j'aimais de moins en moins Eugène, je me sentais moins attachée à lui. Ça me coûtait de lui avouer clairement; par contre, je lui disais que je pensais faire une soeur. Ça le faisait rire, il prenait cela à la légère. Il ne pensait pas que j'étais sérieuse dans le fond. Mais je voyais bien que plus le temps avançait et plus mon intérêt diminuait. Finalement, un bon soir, j'ai confié à Eugène que je n'étais pas certaine de l'aimer assez pour le marier et le rendre heureux et que je voulais réfléchir.

Lors de mes rencontres avec l'abbé Gauthier, il me parlait souvent des soeurs Missionnaires Oblates . Moi, je ne connaissais rien à cette communauté. De toute façon, je pense que l'abbé Gauthier ne croyait pas vraiment que j'entrerais en communauté.

J'ai donc décidé d'aller faire une retraite pour Jeunes au Centre Immaculée Conception sur le Boulevard Saint-Cyrille. Pour moi, c'était une retraite de décision. Lors d'une rencontre individuelle avec le père Jésuite qui prêchait la retraite, je lui ai fait part de mon problème ou plutôt de mon projet et de ma situation. Il m'a tout simplement dit d'essayer pour voir et qu'il serait toujours temps de revenir ou de ressortir.

Après la retraite, avant d'aller à la maison à St-Isidore, je voulais passer par Don Bosco pour dire à l'abbé Gauthier que j'avais décidé d'essayer et pour qu'il fasse la démarche auprès de la communauté des Oblates. Il n'était pas disponible. J'étais déçue et contrariée parce que je ne pouvais pas faire la démarche toute seule vu que la date des demandes d'admission était passée. Il n'était pas question que je

retourne à la maison avant que ça ne soit réglé. Étant tenace de nature, j'ai insisté assez que je l'ai finalement rencontré. À ma grande surprise, l'abbé Gauthier semblait très contrarié et se demandait comment je pouvais faire cela à Eugène. Moi qui comptais sur lui pour faire mes démarches auprès de la communauté des Oblates à Giffard. Un peu offusquée par ses réserves, je lui ai dit :¨ Si vous ne voulez pas m'aider, je vais y aller toute seule. Es-tu sérieuse ? Es-tu décidée à ce point-là ? D'un ton catégorique, je lui ai répondu ¨oui ¨.

L'abbé Gauthier appréciait beaucoup soeur St-Camille, une missionnaire

oblate, qui venait de décéder dans les jours précédents; il a fait un lien symbolique entre mon arrivée chez les Oblates et le départ de sœur Saint-Camille.

L'abbé Gauthier a donc appelé la supérieure des Oblates à Giffard. De ce pas, je me suis rendue la rencontrer. Elle m'a alors donné toute l'information et m'a remis les papiers nécessaires. Le samedi suivant, ça c'était au mois d'août, j'ai pris le bateau pour me rendre rejoindre Hilaire et papa qui étaient au marché Leblond à Lévis. J'avais en main tout ce qu'il fallait pour entrer au postulat. Personne dans la famille

n'était au courant, sauf peut-être Germaine et Julienne à qui j'avais dit que je ferais une retraite pour prendre une décision. Ces deux -là avaient bien hâte d'avoir de mes nouvelles. Lorsqu'elles m'ont demandé si j'avais pris une décision, je n'ai pas répondu et je leur ai montré le prospectus que je tenais dans ma main. Elles furent les premières à me traiter de folle. À la maison de la Grande Ligne, tout le monde s'est mis à pleurer lorsque je leur ai fait part de ma décision. J'ai vu par la fenêtre Hélène qui arrivait à la maison avec Roland. Je n'ai pas pris de chance, je suis allée au devant d'eux pour leur annoncer la nouvelle avant qu'ils ne voient la face d'enterrement de tout le monde. Ça pleurait à chaud de larmes, même maman! Papa, lui, y'étouffait et il ne parlait pas. Ça, c'était le samedi.

Eugène savait que j'étais à la maison et il devait venir me voir le lendemain soir , soit le dimanche. J'étais certaine qu'il ne s'attendait pas à ça et j'étais très inquiète, très très inquiète. Je me demandais comment ça se passerait quand je le lui annoncerais ça. Tout le monde s'en faisait pour lui, surtout Rose qui était mariée à son frère; pauvre Rose !

Je ne m'attendais pas à tant de réactions que ça de la part de ma famille; je sentais comme si c'était un drame pour tout le monde. Les réactions étaient fortes : « Tu perds la tête la Nise, t'es folle. Y as-tu pensé, Eugène lui ? » Il n'y avait pas grand monde de mon bord; je m'attendais À une réaction, mais pas tant que ça.

Peu de temps après l’arrivée, je lui ai fait part de ma décision; il ne le croyait tout simplement pas, il n'en revenait pas. Il était complètement bouleversé et il pleurait. Il pensait bien plus au mariage qu'à autre chose. Il espérait encore parce qu'il m'a demandé s'il pouvait venir me voir encore avant que je parte; il est revenu le dimanche soir suivant. L'abbé Gauthier est venu le rencontrer pour l'aider à vivre sa

peine et ses émotions.

L'entrée au couvent devait se faire obligatoirement au mois de juin et nous étions en septembre; il a donc fallu une permission spéciale de Monseigneur Langevin. Mais moi, c'était à ce moment-là que j'étais prête et c'était à ce moment qu'il fallait que ça se fasse. Papa ne comprenait pas; il disait : « Y'a tant de communautés à Québec, pourquoi aller si loin avec les sauvages ? Je lui avais dit auparavant que je partirais pour l'ouest un jour comme missionnaire chez les indiens.

Cinq jours après, je partais; je suis entrée le premier septembre 1939. La deuxième guerre mondiale s'est déclarée pendant la nuit.

C'est Hilaire qui est venu me reconduire au couvent de Giffard. Nous sommes passés par Breakeyville pour saluer une dernière fois Hélène et Germaine, ainsi que Victorine et Julienne qui travaillait chez Bozy Breakey. Je suis restée cinq mois et demi à Giffard. Hilaire a amené Eugène me voir deux fois, au cas où. Mais ça n'a rien changé; Hilaire n'a jamais accepté ma décision.

Ça n'a pas été facile pour Rose non plus ; elle se sentait, avec raison, très concernée. Elle est même venue me voir avec Hilaire pour voir si c'était possible que je change encore d'idée. Elle m'avait même laissé une lettre dans laquelle elle me faisait part de ses états d'âme; elle me confiait qu'elle en a beaucoup pleuré.

J'ai fait mon postulat et mon noviciat à Giffard. Je me sentais heureuse avec mon petit voile de postulante. Le 25 janvier 1940, je quitte Giffard pour Saint-Boniface au Manitoba. Ce fût très dur pour moi et pour toute la famille. Lorsque je suis monté dans le train, j'avais énormément de peine de devoir tous les quitter et de voir qu'ils pleuraient tous. Papa était là; il parlait peu, il semblait avoir mal. Maman n’a pas voulu venir me voir partir; elle voulait vivre sa peine seule. Mon départ la rendait malade, je le sentais. Ce départ vers l'ouest fut beaucoup plus difficile et pénible que le départ de la maison cinq mois auparavant pour mon entrée à Giffard. Mais je n'avais pas le choix; j'avais décidé de partir et il n'était pas question de reculer.

En janvier 1942, après mes deux ans de noviciat à Saint-Boniface, la mère générale m'informe que ma première affectation sera à Giffard. Surprise et grande déception; je ne m'attendais pas à cela, mais pas du tout. Six mois après mon retour de

l'ouest, maman et papa sont venu me voir. Papa en en a profité pour demander à la supérieure une permission spéciale de me sortir pour une photo de famille au mois d'août (1942). La photo, c'était vrai, mais la raison principale était qu'il voulait aussi me faire une fête. J'étais, bien sûr, accompagnée d'une religieuse.

J'y ai été trois ans comme responsable d'élèves. Au cours de cette période, j'ai été l'une de celle qui ont ouvert l'école Saint-Joseph sur le boulevard Saint-Cyrille à Québec. À l'été 1945, lors des obédiences, je suis affectée à Gravelbourg pour une période de ...

C’est ici que se termine les propos de Tante Nise qui concerne la période de 1916 à 1940. Pour la période de 1940 à 1994 , vous retrouvez ci-bas un texte préparé par Laurent Bégin que tante Nise m’a remis en août 2003.

Tante Nise nous confiait qu'elle n'a jamais regretté son choix et qu'elle a toujours été heureuse dans sa vie de dévouement et de prières; tous les enfants dont elle s'est occupé étaient ses enfants à elle et toutes ses compagnes religieuses étaient sa grande famille.

Tante Bérénice a vécu les dernières années de sa vie à la maison Mère des Missionnaires Oblates de Saint-Boniface au Manitoba. Elle y a reçu des soins exceptionnelles qui lui ont procuré une qualité de vie enviable jusqu'à la fin de ses jours.

Elle est décédée à l’hôpital de Winnipeg le 9 août 2004 à l’âge de 88 ans. Son corps est inhumé dans le lot de la communauté des Sœurs Oblates au cimetière de Saint-Boniface.




La vie de Tante Nise de 1939, année de son entrée en religion, à 1994, année de sa dernière visite au Québec
Publié le:  09 décembre 2005

Qui aurait pu dire que cette reine de la jambette, redoutée de tous ses adversaires mâles ou femelles, alors surnommée Le Gibier, deviendrait un jour Soeur Marie-Madeleine De Pazzi ? Sûrement pas son père Joseph qui ne croyait pas ou ne voulait pas croire au sérieux de son engagement.

C'est à l'âge de 23 ans que, laissant derrière elle famille, amis ainsi que quelques soupirants, dont un (en occurance un certain Eugène Pelchat) plus tenace que les autres. Au matin du premier jour de septembre 1939, elle quitte la petite maison paternelle du rang Grande Ligne à Saint-Isidore. Elle avait choisi comme nouvelle résidence un pensionnat de Giffard en banlieue de Québec où elle vivra son postulat durant 5 mois et demi.

Le 25 janvier 1940, c'est le train qui la conduit à Saint-Boniface, Manitoba. C'est là que le 18 février 1940, elle prend l'habit de novice qu'elle portera pour deux ans. Puis le 19 février 1942, elle prononce ses premiers voeux ou profession, deux jours avant un retour de trois ans à Giffard.

On la retrouve à Gravelbourg, Saskatchewan à compter du premier août 1945, et ce pour une période de six ans durant laquelle elle se rendra à Saint-Boniface prononcer ses voeux perpétuels le 10 août 1947, aux Jardins de L'Enfance.

C'est pour les fêtes de Noël et du Nouvel An de 1951 que sa communauté lui accorde le droit pour une première fois, et ce pour un long dix jours, de rendre visite à sa famille, C'est là que l'auteur de ces lignes se souvient l'avoir vue pour la première fois. Nouvelle visite en 1954 à l'occasion du décès de sa mère Exélia.

En 67 tout était beau, c'était "l'année de l'amour, c'était l'année de l'Expo" comme nous le chantaient les membres de la formation Beau Dommage. Mais c'était aussi grand moment de réjouissances à la maison mère de Saint-Boniface où on fêtait les noces d'argent de Soeur Bérénice qui occupait alors le siège de Supérieure de la mission de Cold Lake, Alberta.

Ä compter du mois d'août 1971 et ce pour un terme de six ans, elle occupera les mêmes fonctions de Supérieure à la maison mère de Saint-Boniface. De nouveau, court séjour de 4 ans à Québec au grand bonheur de toute la famille Bégin, mais en particulier de ses soeurs à qui elle manque beaucoup.

L'année 1981 sonne un retour vers Saint-Boniface où elle habitera une petite résidence qui sert de maison de retraire pour sa communauté, en compagnie de trois autres religieuses. C'est finalement en 1986 qu'elle déménage à L'Isle des Chênes et où elle demeure toujours en 1994, entre ses trop courtes visites au Québec.

Lors d'un repas chez sa belle-soeur Marie-Clarisse Gendreau Turgeon, en 1994, Pierre-Yvon Bégin l'invite à prendre son passeport du Québec afin d'assurer sa prochaine visite. C'est sans hésitations qu'elle laisse tomber un " Ah! Le Parizeau."

Laurent Bégin. 21/08/1994




Tante Nise — Photo de tante Nise prise en août 2003 dans sa chambre à St-Boniface. Pierre Sévigny

Photo de tante Nise
Publié le:  21 août 2004




L'ultime voyage de tante Nise
Publié le:  20 août 2004

L’ULTIME VOYAGE DE TANTE NISE

St-Boniface, le 16 août 2004

À la maison mère des Sœurs Missionnaires Oblates sur la rue Aulneau à St-Boniface,on souligne cette année le centième anniversaire de la fondation de la communauté. Les festivités ont lieu les 6, 7 et 8 août. Plus de 1200 personnes se sont jointes aux religieuses pour souligner cet événement. Tante Nise s’est permise le samedi de visiter, sur sa chaise motorisée, l’exposition accompagnée de l’un de ses anciens protégés de Gravelbourg.

Samedi le 7 août, tante Nise fait une chûte dans sa chambre en tentant de passer de son fauteuil à la chaise d’aisance.. Elle se dit bien et ses signes vitaux sont bons. Elle avait déjà fait une chute le mercredi précédent. Dimanche le 8 août , à 10h.30 am , on croit bon de la transporter à l'hôpital de St.Boniface ; elle a du mal, mais elle ne se plaint pas.

(S. Marie-Paule) « J'étais justement dehors à prendre un peu d'air frais lorsque j'aperçois l'ambulance. Je m'approche et c'était ma chère amie Bérénice. J'avais le coeur gros. C'est la dernière fois que je l'ai vue ». La journée même, de l’hôpital de Saint-Boniface, elle est transportée à l'hôpital Grace de Winnipeg parce qu’il n’y a pas de chambre disponible.

Au tableau d'affichage à la cafétéria, on invite les religieuses à prier pour Bérénice. Tante Nise était très appréciée de ses compagnes. Elle était toujours joviale et accueillante.

Lundi le 9 août, tante Nise consent, malgré la fragilité de son cœur, à subir une chirurgie pour réparer la fracture à la jambe. Elle dit qu’elle n’a rien à perdre. Le médecin décide d’attendre, vu son état. Au cours de la journée, les nouvelles sont moins bonnes; tante Nise ne pourrait pas surmonter le choc de la chirurgie. L'hôpital informe la communauté régulièrement; ses compagnes religieuses se relaient à son chevet. Vers 19h., Mariette Fortier a l’intuition d'aller rendre visite à sa grande amie et protégée. Elle est accompagnée de sœur Louise Dansereau qui est une infirmière spécialisée en soins palliatifs. En voyant Mariette et Louise, elle ouvre les yeux et semble les reconnaître en leur faisant un sourire discret. Louise récite la prière des agonisants et elle la rassure en lui disant qu’elle peut partir… ; Mariette lui tient la main. Un peu plus tard en soirée, sœur Louise communique avec la communauté pour dire qu'elle ne croit pas que Bérénice passera la nuit. À la communauté, on s’organise pour la veiller : un groupe jusqu'à minuit, un autre après minuit et un autre à 7h. am

« Cependant, à 8h45 pm ce même soir, lundi le 9 août, un appel . . . . . . : la chère tante a rendu l'âme bien calmement, comme elle a vécu; elle a été emportée par une pneumonie. L'annonce résonne sur l'intercom et toute la Congrégation est informée.

On envoie un courriel électronique à nos soeurs en Afrique, les autres un appel téléphonique. Son décès a été constaté lundi le 9 août vers 8h45 »(Sœur Marie-Paule)

Mardi, tôt en avant-midi, les religieuses communiquent avec tante Gertrude pour informer la famille. Nous recevons l’information à Breakeyville le mardi en après-midi. Je communique avec sœur Lucille Bonin, supérieure de la maison mère, pour connaître les coordonnées des funérailles. Voyant notre intérêt pour s’y rendre, elle prend les dispositions pour reporter au samedi les funérailles initialement prévues le vendredi.

Dès le mercredi midi, Benoît et Jacqueline Guillemette, accompagnés de tante Victorine et tante Gertrude, se mettent en route pour ce long périple de 2600 kilomètres. Quant à Mariette et moi, accompagnés de Martine, de Julie et de Gilles, son conjoint, nous quittons le jeudi matin. Nous arrivons à St-Boniface vers 11h15 le lendemain. Benoît et son groupe sont arrivés quelques minutes avant nous. Le cousin Paul Pelchat et Gisèle sa conjointe sont arrivés la veille. Ils viennent nous rejoindre à la communauté en après-midi.

L’accueil des religieuses est chaleureux et l’on perçoit facilement que notre présence les réconforte. Nous sommes de la famille, nous faisons partie de leur famille. Sœur Lucille Bonin, la supérieure, nous offre ses sympathies et nous fait part de l’horaire pour le samedi, jour des funérailles. Elle nous invite à participer activement au déroulement de la célébration en donnant à chacun un rôle à jouer. Par la suite, sœur Hélène Roy nous conduit à nos chambres et nous donne l’horaire des repas et de la maison.

La dépouille de tante Bérénice arrive à la communauté le samedi matin à huit heures et est exposée dans la grande chapelle. On invite tout d’abord la famille à se recueillir devant son cercueil. Ses compagnes religieuses se recueillent aussi à tour de rôle devant elle. Plusieurs défilent devant elle en fauteuil roulant, accompagnées du personnel infirmier de la maison. Après la récitation des Laudes

et les prières d’adieu prononcées par sœur Valérie Fortier, on ferme le cercueil et les funérailles débutent à 10h30. Sœur Lucille Bonin prononce l’allocution d’usage au début des funérailles. Ces dernières sont célébrées par le Père Albert Bouffard O.M.I, un ami des Oblates; deux co-célébrants l’assistent

Pour répondre au désir exprimé par les religieuses, nous jouons tous un rôle dans le déroulement des funérailles : Benoît porte la croix, Mariette et Pierre le service à l’autel, Paul le témoignage, Martine et Julie les lectures, Tante Victorine, Gisèle, Jacqueline et Gilles les prières universelles; tante Gertrude préfère s’abstenir.

Les chants interprétés avec brio par la chorale des religieuses sont très émouvants.

Nous nous rendons au cimetière où la participation des neveux présents est requise pour porter le cercueil; les religieuses entonnent le Salve Regina après les prières d’usage prononcées par le Père Bouffard. Après plusieurs minutes de recueillement,nous retournons à la maison mère où nous rencontrons les religieuses. Les échanges sont sincères et chaleureux. Nous avons de nombreuses rencontres informelles avec les religieuses. Elles sont si accueillantes, si chaleureuses, si disponibles…

Elle nous invitent à visiter les différentes expositions qui ont été préparées pour souligner le centième anniversaire.

À chaque fin de journée, nous nous rencontrons, en famille, dans la suite de tante Victorine et de tante Gertrude; Mariette et Valérie Fortier se joignent à nous.

Nous vivons tous ensemble d’excellents moments ; Paul Pelchat traduit bien nos sentiments de satisfaction au moment de son départ « si la famille avait su comment ça se passerait et tout ce que l’on a vécu ici, il y en a sûrement plus qui serait venu ».

Tante Nise, au revoir.

Je remercie Sœur Marie-Paule Dumesnil qui nous a fait parvenir le 10 août des informations concernant les derniers jours de tante Nise.

Pierre Sévigny




Message de Mgr Émilius Goulet
Publié le:  20 août 2004

Message de Monseigneur Émilius Goulet, évêque de St-Boniface

(8 mots)
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— Gisèle Pelchat (Paul), tante Victorine, tante Gertrude, Benoît et Jacqueline Guillemette, Gisèle (une cousine Pelchat du Manitoba), Mariette Dussault Sévigny, Julie Sévigny, Paul Pelchat, Gilles Dussault (Julie), Martine Sévigny et Pierre Sévigny

Au cimetière de Saint-Boniface
Publié le:  19 août 2004

(1 mots)
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