17 June 2018

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Témoignage
Témoignage lu par Paul Pelchat aux Funérailles de tante Nise


Pierre Sévigny

Publié le:  20 août 2004

Témoignage présenté par Paul Pelchat à l’occasion des funérailles de tante Nise,

Soeur Bérénice Bégin, Soeur Marie-Madeleine de Pazzi des Sœurs Missionnaires Oblates

Qui aurait pu dire qu`aujoud`hui, au coeur de notre beau pays, une douzaine de membres de la famille de Joseph et Exélia Bégin allaient se joindre à la grande famille des Soeurs Missionnaires Oblates pour dire au revoir à Sr Marie-Madeleine de Pazzi?

Qui était Soeur Marie-Madeleine de Pazzi? Celle que nous avons toujours appelé affectueusement : tante Nise. Qui était-elle pour nous? La huitième enfant d'une famille de seize, elle était tout autant à l'aise avec les plus vieux comme avec les plus jeunes. Au delà de son rire contagieux et de son sourire aimable, nous l'avons tous aimée, cette femme de caractère fort, pas têtue, mais tenace.

Elle est née à Breakeyville le 4 avril 1916. Après 23 années au Québec, elle a parcouru les trois belles provinces de l'ouest pendant plus de soixante ans en louant le Seigneur et elle a été fidèle à ses deux grandes familles: ses frères et soeurs et les Soeurs Missionaires Oblates. Aujourd'hui, c'est un réel réconfort de voir deux de ses soeurs, Gertrude et Victorine et neuf de ses neveux et nièces entourés de sa grande famille Oblate.

Pour moi, Tante Nise était la personne un peu énigmatique qui venait de l'ouest, de loin, de l'inconnu et qui avait un attrait particulier. C'est au début des années 70 que je l'ai vraiment rencontrée lorsque j'étais de passage à St-Boniface. Elle avait ce même charisme que ses soeurs et je voyais en elle une bonne dame avec une voix chaude comme celle de ma mère.

Elle a été une femme de caractère. L'an dernier, elle avait dit à Pierre Sévigny : Quand je pensais quelque chose, je le faisais. J'ai donc décidé l'âge de 15 ans d'aller chez les Ursulines de Québec comme Julienne et Germaine. Lorsque j’y travaillais, je côtoyais les soeurs converts qui effectuaient des travaux manuels. C'est peut-être là qu'est apparu le premier signe de ma vocation. Mais à ce moment-là, j'ai dit non parce que ça ne m'intéressait pas et aussi parce que je ne voulais pas faire une soeur. Par contre, chaque fois que j'en voyais une, ça m'influencait un peu. J'avais aussi une autre bonne raison: J'avais Eugène dans l'idée... Il avait commencé à me courtiser depuis quelques temps. Tous les dimanches soirs, il arrivait à sept heures. J'étais à la fenêtre à l'avance pour le voir venir et lorsque j'entendais les grelots de sa sleigh à patins, mon coeur palpitait un peu. Hilaire, mon frère, disait qu'il tait temps qu'Eugène arrive car il avait peur que je mange les barreaux du chassis.

Pour Bérénice, avec une personnalité si accueillante, si souriante, il fut très difficile de décider de laisser toute sa famille et bien entendu Eugène après avoir choisi sa vocation. Pas besoin d'exagérer ici, mais en cet automne 1939, deux événements majeurs ont influencé sa famille : l'éclatement de la deuxième guerre et sa décision de prendre le train qui l'a conduit Saint-Boniface, Manitoba.

Elle y restera longtemps sans revoir ses proches. C'est pour les fêtes de Noël et du Nouvel An de 1951 que sa communauté lui accorde le droit pour une première fois, de rendre visite à sa famille pendant dix jours. Ce fut une deuxième visite en 1954 à l'occasion du décès de sa mère Exélia.

Après plusieurs années à Gravelbourg, Saskatchewan, Cold Lake, Alberta, Soeur Bérénice s'est rapproché de sa belle grande famille des régions de Breakeyville, de St-Isidore, de St-Romuald, de Lyster et du Vermont. Elle a toujours aimé s'asseoir auprès de toutes ses soeurs et ses frères et rire avec eux, les taquiner. Y a-t-il meilleur souvenir de la famille Bégin que de les voir toutes ensemble, parler fort et en même temps et rire sans jamais avoir un mot rancunier, naturellement avec La Nise au milieu de ça?

Malgré le peu de contacts que j'ai eu avec ma tante Nise, il est indéniable que mon attachement à elle et le vôtre également sont une reconnaissance de la force de ses qualités. Sur son chemin, elle en a fait rire plusieurs, sa famille a pleuré son départ de St-Isidore en 1939, et oui, elle a eu parfois, souvent même, le plaisir de taquiner ses compagnes Oblates.

Lors d'un repas chez sa belle-soeur Marie-Clarisse Gendreau Turgeon, en 1994, Pierre-Yvon Bégin l'invite à prendre son passeport du Québec afin d'assurer sa prochaine visite. C'est sans hésitations qu'elle laisse tomber un " Ah! Le Parizeau."

Tante Nise, ce sont des personnes comme vous qui témoignent du beau message de l'évangile, avec la tendresse, l'humour et l'espoir d'un monde meilleur chez les humains.

Nous vous disons merci et au revoir.

Ici présents de Québec et de l'Alberta :

Gertrude et Victorine, soeurs de Bérénice

Benoît et Jacqueline Guillemette, Pierre et Mariette Sévigny, Gilles et Julie Sévigny Dussault, Martine Sévigny, Paul et Gisèle Pelchat, neveux et nièces de Bérénice

Plusieurs compagnes des Soeurs des Missionnaires Oblates

Et plusieurs amis.

Sr Bérénice est décédée le lundi 9 août 2004 à St-Boniface, Manitoba.

Les funérailles ont eu lieu le samedi 14 août 2004 à la Maison mère des Soeurs Oblates. Son corps a été inhumé au cimetière de Saint-Boniface (rue Archibalt) dans l’un des lots des Sœurs Oblates.

— Tant Bérénice en chapelle ardente à la maison-mère à St-Boniface Pierre Sévigny

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