19 November 2017

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Joseph 

Publié le:  29 août 2003

JOSEPH BÉGIN ET EXÉLIA GAGNÉ

Joseph Bégin est né le 24 avril 1875 à Saint-Jean-Chrysostome. Il était le quatrième enfant de Marie-Délia Lavertu et d'Olivier Bégin. Son père était fermier et aussi travailleur forestier à l'emploi de la John Breakey. Bien que nous ne sachions que très peu de choses sur cette période, nous croyons qu'il a eu une enfance relativement heureuse, enfin jusqu'à la mort de sa mère.

Comme l'école était trop éloignée pour qu'il puisse la fréquenter, il a dû commencer très jeune à travailler sur la ferme paternelle, coutume très répandue à cette époque.

Le 8 août 1899 il épouse une jeune fille de Saint-Isidore de Dorchester du nom de Georgianna Larochelle. Ils achètent la terre d'Arthur Boutin située dans le bas de la Grande Ligne près de la terre des Larochelle. Ils y vivront environ cinq ans, en fait jusqu'au décès de Georgianna qui avait contracté la tuberculose (que l'on appelait alors consomption). Aucun enfant ne naîtra de cette union. Joseph décide alors de vendre tous ses biens sauf la ferme. (L'auteur croit que la vente eu lieu aux alentours de la fête de Noël). C'est alors qu'il va tenter sa chance en Nouvelle-Angleterre comme bon nombre de ses compatriotes dans les usines de textile. Il y rejoint son demi-frère Omer ainsi que son neveu Omer, fils d'Euzèbe.

C'est en procédant à la dite vente en l'an 1904 qu'il connut sa deuxième épouse, Exélia Gagné, alors en visite chez ses parents à Saint-Bernard de Dorchester. (Exélia travaillait depuis environ cinq ans dans une manufacture de Lawrence au Massachusetts).

Joseph Bégin avait en effet cédé une vache au père d'Exélia, Cyrille Gagné, et c'est en aidant celui-ci à ramener l'animal à Saint-Bernard, que Bégin fit la rencontre de sa deuxième épouse. Ils unirent leurs deux solitudes en l'église de Saint-Bernard De Dorchester le 1 mai 1906. Joseph et Exélia s'installèrent donc à Lawrence Massachusetts, petite ville située à ( 100 ) kilomètres de Boston et dominée par l'industrie du textile. Les deux premières filles du couple, soit Laura et Régina y naquirent. Déjà enceinte de la troisième, Exélia demande à son mari de retourner au Québec pour s'établir sur une terre: "Si t'es pour m'en faire un ( p'tit ) à chaque année, j'aimerais mieux qu'on fasse ça au Canada".

De retour au pays, le couple s'installe sur la terre que Jos possède toujours dans la concession Saint-Hilaire à Saint-Isidore. Il est à noter que le rang Saint-François ( La Grande Ligne ) comptait deux concessions, Saint-Hilaire et Saint-Ambroise. Il la vend un peu plus tard, soit après la naissance de Rose-Délima, pour s'installer le long de la rivière Chaudière dans la paroisse de Saint-Lambert. Mais Exélia ne mit pas longtemps à prendre conscience des inconvénients relatifs à la proximité de la rivière. Elle détestait l'idée de voir les enfants aller jouer sur le barrage voisin de la John Breakey et risquer la noyade.

Respectant les craintes de sa douce, Jos se départit donc de cette propriété pour en acquérir une autre, encore une fois située dans le rang Grande Ligne de Saint-Isidore. Selon les dires de sa fille Rose-Delima, il en fit l'acquisition le 7 octobre 1918. C'est sur le train qui ramenait Jos du marché, que ce dernier conclut l'achat de ce lopin de terre avec le propriétaire M. Cyrille Francoeur.

La petite maison était, paraìt-il, très sale et Jos avertit Exélia d'apporter une bonne brosse et tout l'attirail nécessaire pour faire un bon ménage. Mais il lui jouait un bon tour car il avait déjà fait nettoyer leur nouveau nid par des gens qu'il avait engagés à cet effet. Comble de l'humour, il fit même peinturer le plancher. L'endroit leur convint assez bien semble-t-il car ils y demeurèrent une trentaine d'années en complétant leur petite famille de 16 rejetons. C'est avec la satisfaction du devoir accompli, qu'en 1947, ils vendaient "le bien" à leur fils Pamphile et qu'ils devenaient des rentiers au village.

Il convient ici de préciser que Jos Bégin n'était pas vraiment cultivateur mais bien commerçant. C'est Exélia qui aimait la terre et s'en occupait. Elle s'y sentait à l'aise et a souvent répété qu'elle préférait travailler sur la ferme que d'effectuer des sorties mondaines. Elle voyait à tous les travaux en se faisant aider, du moins jusqu'à ce que ses gars soient capables de faire leur part, par un jeune engagé. C'est même elle qui, comme on disait à l'époque, faisait boucherie.

Jos était donc commerçant. Il passait par les fermes, au début en voiture à cheval et par la suite avec un petit camion, faisant surtout du troc. Il échangeait sucre, cassonade, poudre à pâte ou épices contre poules, vaches, veaux, oeufs etc. Il revendait par la suite tout ce " butin " soit à ses clients de Breakeyville ou au marché Leblond, qui était situé près de la traverse à Lévis. Même s'il ne savait ni lire ni écrire, il était cependant très fort en calcul mental. Il semble aussi qu'il fût doté d'une mémoire hors du commun et n'oubliât jamais un compte en souffrance. ( probable qu'il s'en souvenait davantage si le débiteur était un méchant concervateur ou unioniste ).

Il se rendait parfois au marché de Lévis en voiture à cheval mais le plus souvent en train quoique les marchandises étaient toujours transportées soit en voiture à cheval soit avec le camion quand l'état des chemins le permettait. Il lui arrivait de temps en temps, en cette occasion, d'aller coucher chez sa soeur Rosalie ( Léonidas Hallé ) à Lauzon.

Homme très fier, toujours bien mis, Jos Bégin avait une stature imposante et en apparence plutôt sévère. Mais c'était un homme qui aimait bien s'amuser et il était aussi grand amateur de " gros gin ", une boisson qu'il " portait " semble-t-il assez bien ( il manifestait aussi de l'intérêt pour le caribou ). Il aimait bien en prendre en compagnie de son neveu et grand ami, Edmond Gosselin, de Breakeyville chez qui il s'arrêtait à l'occasion au retour du marché. Les libations duraient alors jusqu'aux petites heures du matin; chansons et divin breuvage faisaient partie de la fête. Une fois le bal terminé, c'est Frank, son fidèle cheval, qui ramène doucement le bonhomme bien réchauffé, dormant et ronflant, jusqu'à Saint-Isidore, une légère petite trotte d'à peine 14 milles.

Fier de sa personne, il l'était tout autant de ses filles sur qui il veillait jalousement. Il était d'ailleurs très sélectif quant à leurs " cavaliers " et ces derniers ne devaient pas " sentir la boisson " quand ils se présentaient à la maison car il les renvoyaient derechef à leur point d'origine. ( La boisson était en effet un p'tit péché qu'il ne s'autorisait qu'à lui-même... ). Il portait également une attention particulière à l'apparence vestimentaire de ces dernières. Ainsi quand elles s'habillaient " trop court " à son goût, il leur disait de sa voix puissante: " Il me semble qu'il se fabrique assez de linge pour que vous puissiez en recouvrir un peu plus grand". De même, pour le maquillage il ne tolérait à peu près rien, surtout au grand désespoir de sa fille aînée Laura qui, à l'âge des fréquentations, aurait aimé un peu plus de largesse d'esprit de la part du paternel.

Chanteur à la voix puissante et juste, durant l'été, les dimanches où il faisait beau, il n'était pas rare qu'on l'entendît chanter jusque chez le deuxième voisin (entre trois et quatre arpents). Il savait aussi faire étalage de son art lyrique pendant ses voyages en train ainsi qu'à son arrivée à la " gare de Saint-Isidore " en occurance la maison de M. Ferdinand Larose.

Il a acheté son premier camion "Ford" d'Edmond Gosselin, mais ne l'a jamais conduit lui-même. C'est à son fils Hilaire, alors agé de quatorze ans, qu'il confia la conduite du dit engin.

Il termina ses jours dans une petite maison située rue Sainte-Geneviève Entouré de sa femme, de ses filles Madeleine et Huguette, de son fils Hilaire et de sa bru Marie-Clarisse Gendreau et du premier de ses petits fils portant " Le Nom ". Adorable rejeton que l'on baptisa en ce début d'été 1949, à sa requête, du nom de Laurent, en l'honneur de l'élection de l'honorable Louis Saint-Laurent nouveau premier ministre "Rouge" du Canada.

Transactions ( achats ou vente de terres )

# 1. 22/09/1905 achat des lots 160 et 161 de Owen McCafrey. 13/05/1910 vente ................... à William Boutin.

Concession Saint-Ambroise.

# 2. 28/09/1901 achat des lots 11 et 12 de Georges Boutin.

25/09/1903 vente 1 partie du lot 11 à Aimé Coulombe.

01/05/1905 ........................ à Philias Proulx.

01/05/1905 ..... du lot 12............Philias Proulx.

Concession Saint-Hilaire.

# 3. 07/10/1916 Achat du lot 118 de Cyrille Francoeur.

26/04/1919 Achat du lot 119 de Norbert Pelchat.

27/09/1947 Vente du lot 118 à Pamphile Bégin.

30/06/1930 Vente du lot 119 à Arthur Turcotte.

Texte, Laurent Bégin.

Corrections, François Bégin.

Gynet Roberge Bégin.



 

Anniversaires de naissance - Juillet 05
Publié le:  30 juin 2005

(1 mots)
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